
Après plus d’un an de tensions intenses, le feuilleton opposant l’État malien à la multinationale canadienne Barrick Gold est terminé. Un accord a été signé le 24 novembre 2025, ouvrant la voie à une relation qualifiée de « constructive ».
Cette résolution met fin à un différend complexe né d’un audit du secteur minier et de redressements fiscaux contestés par la multinationale. La crise avait dégénéré en conflit judiciaire avec l’incarcération d’agents de Barrick Gold et la saisie de quantités d’or par la justice malienne.
⚖️ Les concessions mutuelles : Un donnant-donnant stratégique
L’accord trouvé repose sur des engagements majeurs de la part des deux parties pour éteindre toutes les procédures :
| Engagement de Barrick Gold | Engagement de l’État Malien |
| Paiement intégral des montants réclamés par l’État (redressements fiscaux). | Libération immédiate de tous les détenus impliqués dans le dossier Loulo-Gounkoto. |
| Abandon de la procédure d’arbitrage déclenchée contre l’État devant le CIRDI (instances internationales). | Fin de l’administration provisoire et reprise totale du contrôle des mines par Barrick Gold. |
| Engagement à honorer strictement et en toute transparence ses obligations futures (avec une période renouvelable accordée). | Abandon de toutes les poursuites judiciaires en cours contre les agents de la multinationale. |
| Récupération des quantités d’or saisies par la justice malienne. |
L’enjeu de l’administration provisoire
Si la « paix des braves » est saluée, tous les regards sont désormais tournés vers les comptes et les stocks que l’administration provisoire va léguer à l’équipe de Barrick. Des incertitudes pèsent sur l’état et l’usage fait de certains stocks d’or durant la gestion provisoire.
Une question demeure : Les quantités d’or potentiellement manquantes pourraient-elles être utilisées pour compenser une partie des sommes versées par Barrick Gold à l’État ?
Cet arrangement met fin à une période risquée, qui menaçait à la fois les recettes fiscales, la production minière, l’emploi et l’activité économique connexe du pays. C’est un pas vers la stabilité du secteur minier, crucial pour l’économie malienne.
