L’ancien premier adjoint au maire de la Commune II de Bamako, Fodié Salim Traoré, a été rattrapé par la justice. La chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako a rendu son verdict dans une affaire complexe de faux, usage de faux et escroquerie foncière.
Un troc de parcelles qui tourne au cauchemar
Tout commence en 2019, lorsque M. Traoré entreprend d’acquérir des véhicules de luxe. En échange de trois voitures (Hyundai Santa Fe, Kia et Toyota Camry), il propose à son partenaire, Kalilou Kaba Diakité, plusieurs parcelles situées à Souleymanebougou et Bougouba. Un versement complémentaire de 2 millions de F CFA est également effectué pour couvrir les frais administratifs.
Cependant, la transaction tourne court lorsque la victime découvre que les terrains en question appartiennent déjà à des tiers. Malgré des tentatives de compensation avec d’autres parcelles à Bougouba, le litige s’aggrave quand de nouveaux plaignants revendiquent des droits antérieurs sur ces mêmes terres, documents officiels à l’appui.
La justice tranche : 5 ans avec sursis
L’enquête, menée par le Pôle économique et financier de Bamako, a révélé que l’ancien élu avait contourné les procédures régulières pour délivrer des actes frauduleux. Devant les faits accablants, Fodié Salim Traoré a reconnu ses torts à toutes les étapes de la procédure.
Le parquet a pointé du doigt les failles du contrôle étatique sur les terres, un « casse-tête » récurrent au Mali. Finalement, la Cour a condamné l’ex-adjoint au maire à cinq ans d’emprisonnement assortis d’un sursis, marquant ainsi une nouvelle étape dans la lutte contre la spéculation foncière illicite.
