
Après avoir repris le contrôle de leur défense et de leurs ressources minières, les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) s’attaquent au dernier pilier de l’influence postcoloniale : la monnaie.
En cette fin d’année 2025, le Mali, le Burkina Faso et le Niger s’apprêtent à briser la chaîne du Franc CFA. Ce n’est pas seulement une rupture technique, c’est le passage d’une économie de rente à une économie de combat.
L’autopsie d’un système de tutelle
Pour comprendre l’urgence de cette réforme, il faut regarder les chiffres. Le système du Franc CFA, hérité de 1945, imposait des contraintes lourdes :
- Dépendance financière : Jusqu’à récemment, 50 % des réserves de change africaines devaient être déposées au Trésor français.
- Blocage industriel : La parité fixe avec l’Euro rend les importations européennes moins chères, étouffant l’industrialisation locale.
- L’arme des sanctions : Le gel des avoirs maliens par la BCEAO en 2022 a prouvé que sans souveraineté monétaire, l’indépendance politique est une illusion.
Une monnaie adossée à la richesse réelle
Contrairement au CFA, dont la valeur repose sur une garantie politique française, la future monnaie de l’AES (souvent appelée le « Sahel ») s’appuiera sur du concret :
- L’or du Mali.
- L’uranium du Niger.
- Le pétrole d’Agadem.
Ces ressources constituent un collatéral stratégique unique au monde. L’objectif est de transformer ces richesses souterraines en crédit pour l’économie réelle, permettant enfin aux entrepreneurs locaux d’emprunter à des taux justes.
Les 3 piliers de la stratégie monétaire de l’AES
1. La fin du modèle de l’Eco
L’AES a choisi de se détourner du projet « Eco » de la CEDEAO, jugé trop proche d’un « CFA bis ». L’Alliance privilégie une monnaie flexible capable de protéger les agriculteurs contre le dumping des produits importés.
2. Un marché de 72 millions de consommateurs
La nouvelle monnaie sera le ciment d’un marché intérieur géant. Elle facilitera les échanges directs entre Bamako, Ouagadougou et Niamey, sans frais de conversion, et permettra de financer des infrastructures communes (raffineries, centrales solaires).
3. La responsabilité totale
Sortir du CFA, c’est choisir la « responsabilité totale ». Cela implique des défis immenses :
- Création d’une Banque Centrale indépendante.
- Discipline budgétaire stricte pour éviter l’inflation.
- Transparence absolue pour éviter la captation des ressources par les élites.
Le dernier acte de la Françafrique
Pour Paris, c’est la fin d’un levier d’influence majeur et d’un marché captif. Si les discours alarmistes sur la dévaluation pullulent, les dirigeants de l’AES font un pari historique : le coût de la souveraineté est élevé, mais celui de la servitude perpétuelle l’est bien plus.
Assimi Goïta, Ibrahim Traoré et Abdourahamane Tiani posent les bases d’une civilisation retrouvée. Le Franc CFA deviendra bientôt une relique de musée, témoin d’une époque où l’Afrique payait pour rester pauvre.
La monnaie de combat est prête. Elle est destinée à nourrir les enfants du Liptako-Gourma plutôt que la finance internationale.
Et vous, qu’en pensez-vous ? La création de cette monnaie commune est-elle le levier qui manquait au Sahel pour son décollage économique ? Partagez votre analyse en commentaires !
