Mali : le parquet requiert un an de prison contre le journaliste Chahana Takiou
Rappel des faits L'affaire remonte au Forum panafricain des médias, tenu à Bamako début juin. Lors d'un panel consacré au traitement judiciaire réservé aux journalistes, Chahana Takiou avait vivement critiqué le recours à la loi sur la cybercriminalité pour po

Rappel des faits L'affaire remonte au Forum panafricain des médias, tenu à Bamako début juin. Lors d'un panel consacré au traitement judiciaire réservé aux journalistes, Chahana Takiou avait vivement critiqué le recours à la loi sur la cybercriminalité pour poursuivre des professionnels des médias plutôt que d'appliquer le régime du délit de presse.
Un procureur présent dans la salle lui avait alors rétorqué pouvoir le faire arrêter sur-le-champ. L'échange, filmé, avait été largement relayé sur les réseaux sociaux.
Quelques jours plus tard, le 8 juin 2026, Chahana Takiou a été convoqué par le pôle national de lutte contre la cybercriminalité, puis placé sous mandat de dépôt pour « atteinte au crédit de l'État à travers l'institution judiciaire ». Un autre journaliste, Abdourahmane Keïta, directeur du journal Le Témoin , avait été placé en détention dans les mêmes conditions le lendemain, pour des faits distincts.
La détention de Chahana Takiou avait suscité de vives réactions dans la profession. La Maison de la presse du Mali avait exprimé sa préoccupation et appelé à un procès équitable, tandis que Reporters sans frontières (RSF) avait dénoncé une arrestation abusive, rappelant que le Mali occupe la 121ᵉ place sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse.


