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Tennis : la WTA impose un test pour déterminer le sexe biologique en vue des JO de 2028

La WTA, l'instance régissant le tennis féminin, a annoncé la mise en place, mardi, d'un test génétique unique pour toutes les joueuses du circuit afin de dépister leur sexe biologique. Une condition requise pour participer aux Jeux olympiques de 2028 à Los Ang

Par Rédaction KUNAFONI 2234 min de lecture
Tennis : la WTA impose un test pour déterminer le sexe biologique en vue des JO de 2028

La WTA, l'instance régissant le tennis féminin, a annoncé la mise en place, mardi, d'un test génétique unique pour toutes les joueuses du circuit afin de dépister leur sexe biologique. Une condition requise pour participer aux Jeux olympiques de 2028 à Los Angeles.

Par : Romain HOUEIX C'est un tournant réglementaire qui risque de faire couler beaucoup d'encre : la Women's Tennis Association ( WTA ) a mis en place, mardi 21 juillet, un test génétique obligatoire unique pour toutes les joueuses.

L'organisation qui régit le circuit féminin a ainsi actualisé son règlement, afin d’y inclure un contrôle de l’identité de genre "fondé sur le sexe biologique". L'objectif affiché est de "préserver l’intégrité du tennis professionnel féminin et de garantir des conditions de compétition équitables pour toutes les joueuses", précise l'instance dans un long texte publié sur son site officiel.

La mesure s'applique "à toutes les joueuses, qui sont tenues de s’y conformer, ainsi qu’aux officiels, au personnel d’assistance des tournois, aux membres des équipes d’accompagnement des joueuses, aux autres personnes accréditées et à toute autre personne soumise au règlement de la WTA ou relevant de la juridiction de la WTA, dans la mesure où cela s’applique à leurs fonctions".

Alors que les tests concernaient précédemment les niveaux de testostérone, ceux mis en place par le nouveau règlement viseront le dépistage du gène SRY, impliqué dans le développement sexuel masculin de la plupart des mammifères.

Le test sera réalisé par "un prélèvement buccal, un échantillon de sang et/ou un échantillon de salive à la date, au lieu et selon les modalités exigées par la WTA, ainsi que de satisfaire à toute autre exigence de la WTA relative à ce dépistage SRY". La WTA prendra en charge les frais liés à ces tests.

Si le résultat du dépistage est négatif pour la présence du gène SRY, la joueuse sera autorisée à participer aux tournois féminins. "En revanche, si le dépistage SRY révèle la présence du gène SRY, la joueuse ne sera pas autorisée à participer aux tournois WTA, dans l'attente d'une évaluation médicale complémentaire", poursuit le document. L'athlète aura la possibilité de faire appel et de réaliser des tests complémentaires.

Il s'agit de la conséquence d'une cascade de décisions. En février 2025, le président américain Donald Trump a signé un décret excluant les athlètes transgenres des catégories sportives féminines.

Or, les prochains Jeux olympiques auront lieu à Los Angeles, aux États-Unis. Le CIO a donc annoncé s'aligner sur le décret américain pour sa propre politique d'éligibilité des sportives, ce qui a conduit la WTA à mettre en place ses propres règles.

World Boxing et World Athletics ont déjà adopté des règles similaires.

Selon L'Équipe, la campagne de dépistage doit débuter début août et devra être achevée pour le début des Jeux.

Il n'est pas clair si les quatre tournois du Grand Chelem ( Open d'Australie , Roland-Garros , Wimbledon et l' US Open ) sont concernés. Ceux-ci sont régis par World Tennis et non la WTA.

La fédération internationale a indiqué prendre acte de la décision de la WTA auprès de L'Équipe : "Nous sommes attentifs aux conditions d'éligibilité applicables à la catégorie féminine pour les JO de Los Angeles 2028. Nous continuerons à collaborer avec toutes les parties prenantes concernées afin de garantir la mise en place des procédures nécessaires pour assurer le respect des critères d'éligibilité féminins pour l'épreuve de tennis des JO. Comme toujours, notre démarche sera guidée par des données scientifiques, l'équité de la compétition et le bien-être des joueuses."

Si la panique morale des conservateurs concernant la présence d'athlètes transgenres dans le sport féminin est récurrente depuis plusieurs années, le tennis semble peu concerné. La dernière personne transgenre identifiée à avoir concouru sur le circuit féminin est l'Américaine Renée Richards.

Elle a joué dans les années 1970, grâce à une décision de justice. Elle avait notamment atteint la finale du double à l'US Open 1977 avec sa compatriote Betty-Ann Stuart.

Pour le moment, aucune joueuse en activité n'a réagi à la décision et à l'imminence de ces tests.

En revanche, l'ancienne numéro un mondiale, Martina Navratilova, a défendu sur X "un pas dans la bonne direction". "Je n'ai joué aucun rôle dans cette décision en particulier, mais je suis très heureuse que la WTA affirme clairement que nous sommes une association féminine et que seules les femmes, c'est-à-dire les personnes de sexe féminin, peuvent concourir au plus haut niveau du tennis féminin", a défendu celle qui a joué avec Renée Richards et a été coachée par elle.

"Tout n'est pas tout blanc ou tout noir. On veut rendre accessible le sport au plus de gens possible, tout en s'assurant aussi que ça reste équitable. C'est là où ce n'est pas évident. Il y a une espèce de ligne qu'on doit tracer quelque part, mais ça demeure un débat", admet Valérie Tétreault, actuelle directrice du tournoi de Montréal (ATP/WTA) dans L'Équipe, rappelant que "le sujet fait couler beaucoup d'encre au Canada".

En France, l'ancienne ministre des Sports et l'actuelle présidente du comité olympique, Amélie Oudéa-Castéra, estime que "la décision de la WTA va trop vite et trop loin"

Source originale: france24.com
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