Dix jours après la tentative de mutinerie qui a secoué le pays le 7 décembre, le président Patrice Talon s’est livré à un exercice de vérité au Palais de la Marina. Entre révélations sur les coulisses de la crise et plaidoyer pour la nouvelle Constitution, le chef de l’État a affiché une détermination intacte malgré le choc émotionnel.

Révélations sur le 7 décembre : « Quelques égarés manipulés »

Patrice Talon a tenu à rétablir les faits sur l’attaque du camp de Togbin, refusant de voir l’institution militaire salie par cet acte :

  • Un groupe isolé : Le noyau dur ne comptait que 15 à 20 individus, entraînant avec eux de jeunes recrues dépassées. « Ce n’est pas la Garde Nationale qui a opéré l’attaque », a-t-il martelé.
  • L’anecdote de la reddition : Le président a révélé un échange entre le Commandant de la Garde Nationale et le fugitif Pascal Tigri. Face à la riposte, ce dernier aurait supplié : « Nous vous prions de ne pas nous bombarder », avant de s’enfuir piteusement à moto, abandonnant ses armes.
  • Mise en garde : Le président a fustigé ceux qui, sur les réseaux sociaux, ont célébré l’événement. > « Se réjouir d’un crime est condamnable. On ne peut pas applaudir publiquement un crime… cela menace la cohésion nationale. »

Constitution : Pourquoi passer au septennat ?

Le second volet de son intervention concernait la promulgation de la loi modifiant la Constitution, actant le passage au mandat de 7 ans (septennat) et la création d’un Sénat.

Le pragmatisme contre le mimétisme

Patrice Talon rejette les comparaisons avec les modèles occidentaux (France, Canada). Selon lui, le cycle de 5 ans est inadapté à un pays qui doit encore construire ses bases :

  • Le temps du développement : « En cinq ans, tout ce qui se fait, c’est dans la précipitation. » Il a cité les retards structurels sur des projets majeurs (Ganvié, marché Dantokpa, routes) pour justifier le besoin d’un temps politique plus long.
  • Des besoins fondamentaux : Contrairement aux pays développés qui débattent du « confort de vie », le Bénin doit encore répondre à des besoins datant du « Moyen Âge » : l’eau, les écoles, les routes.

Un héritage, pas un calcul

Le président a été très clair sur ses intentions : cette réforme n’est pas un moyen de s’éterniser au pouvoir.

« Ce n’est pas à mon profit. Ce sera au profit du Bénin. »


Un cap maintenu malgré la tempête

En liant la gestion de la crise sécuritaire à la réforme institutionnelle, Patrice Talon tente de prouver que la stabilité durable du Bénin passe par des institutions fortes et un calendrier politique réaliste. Si l’enquête se poursuit pour débusquer les « manipulateurs », le Bénin entre officiellement dans une nouvelle ère républicaine.


L’argument du « temps nécessaire au développement » pour justifier le septennat vous semble-t-il pertinent dans le contexte actuel de l’Afrique de l’Ouest ? Le passage à 7 ans est-il, selon vous, un gage de stabilité ou un risque pour l’alternance ? Partagez vos analyses en commentaire !

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