Le délai accordé par la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) aux trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) – le Mali, le Niger et le Burkina Faso – pour revenir sur leur décision de quitter l’organisation est arrivé à son terme. Cependant, les trois nations maintiennent fermement leur position.

Une rupture annoncée et confirmée

Les trois pays de l’AES ont officiellement annoncé leur intention de quitter la CEDEAO en janvier 2025, une décision qui est devenue effective à compter du 29 janvier 2025. Cette rupture intervient après une période de fortes tensions diplomatiques, notamment suite aux coups d’État survenus dans ces pays du Sahel.

Rejet du moratoire et volonté d’indépendance

En décembre 2024, le Mali, le Niger et le Burkina Faso avaient déjà rejeté un moratoire de six mois proposé par la CEDEAO pour réexaminer leur décision. Les dirigeants de l’AES ont jugé leur retrait « irréversible », affirmant que l’organisation était « instrumentalisée par des puissances internationales », notamment la France. Ils ont également exprimé leur sentiment de ne pas avoir été suffisamment soutenus face aux violences djihadistes récurrentes.

Conséquences et perspectives

Le départ de ces trois pays, qui représentent près de 10% du PIB total de la CEDEAO, a des conséquences significatives pour la région. Parmi les implications, la fin de la libre circulation des personnes et des biens entre les pays de l’AES et les États membres restants de la CEDEAO est une préoccupation majeure, obligeant désormais les citoyens de ces trois pays à se régulariser auprès des services d’immigration des autres États membres.

Malgré cette séparation, la CEDEAO a déclaré rester « ouverte » au dialogue. Les pays de l’AES, quant à eux, continuent de faire partie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et utilisent toujours le franc CFA, bien qu’ils aient évoqué une éventuelle sortie de cette monnaie à moyen terme. Ils travaillent également à l’harmonisation de leurs documents de voyage et d’identité pour faciliter la circulation au sein de leur Confédération.

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