À quelques semaines de l’élection présidentielle du samedi 25 octobre en Côte d’Ivoire, le gouvernement a accentué la tension politique en interdisant toute manifestation contestant l’exclusion de plusieurs figures de l’opposition.

Cette décision, annoncée jeudi 2 octobre, vise directement le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de Tidjane Thiam, dont les candidatures ont été rejetées par le Conseil constitutionnel.

Une décision jugée « définitive »

L’exclusion des deux poids lourds de la politique ivoirienne, prononcée le 8 septembre par le Conseil constitutionnel, a été vivement critiquée par leurs formations respectives.

En réponse aux appels à la mobilisation de l’opposition, le Conseil national de sécurité (CNS) a réagi en dénonçant des discours « xénophobes, haineux et subversifs ». Le CNS a rappelé que les « décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours ».

  • Marche reportée : La marche initialement prévue samedi par l’opposition a été interdite par la préfecture, citant des « risques élevés de troubles à l’ordre public ».
  • Réaction du PPA-CI : Le PPA-CI de Laurent Gbagbo a déclaré « prendre acte » de l’interdiction, mais a immédiatement reporté son rassemblement au 11 octobre, appelant ses militants à rester mobilisés.

La question du quatrième mandat de Ouattara

L’opposition ne dénonce pas seulement les exclusions, mais critique également la candidature du Président Alassane Ouattara, en lice pour un quatrième mandat.

Bien que la Constitution limite le nombre de mandats à deux, le Conseil constitutionnel a estimé que l’adoption de la nouvelle loi fondamentale en 2016 avait remis les compteurs à zéro.

Dans ce contexte tendu, l’opposition déplore par ailleurs une vague d’arrestations et l’incarcération de plusieurs de ses membres depuis juin.

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