
Le Conseil National de Transition (CNT) a officiellement adopté une charte nationale pour la paix, l’unité et la réconciliation. Ce texte, issu de larges consultations, vise à poser les bases d’un dialogue durable et à restaurer la cohésion nationale après plus d’une décennie de conflits. Cette initiative intervient dans un contexte où l’Accord d’Alger a été jugé « caduc et inapplicable » par le gouvernement, ouvrant la voie à une solution endogène et inclusive.
Un socle de principes non négociables
La charte repose sur plusieurs principes fondamentaux :
- L’unité territoriale et l’intégrité du Mali.
- Le rejet catégorique de toute idée de partition.
- Le respect de la laïcité.
- L’égalité de tous les citoyens devant la loi.
Ces engagements, portés par une pluralité d’acteurs, sont censés servir de boussole pour les futures décisions politiques et institutionnelles.
Justice, vérité et pardon
Le texte se veut également un outil de justice transitionnelle, en mettant l’accent sur :
- Le refus de l’impunité pour les crimes graves.
- La promotion du pardon sincère et de la réparation.
- L’encouragement à la réintégration sociale des repentis.
L’objectif est de réparer le tissu social brisé par les violences et les tensions identitaires, tout en garantissant un équilibre entre rigueur judiciaire et réconciliation.
Une mise en œuvre à haut risque
La prochaine étape, cruciale, est la promulgation de la charte par le président de la Transition. Sa signature marquera le début d’un processus d’application concrète dans les régions les plus touchées. La réussite de cette initiative dépendra de la volonté politique, de l’inclusivité des mécanismes de suivi et de la capacité à restaurer la confiance au sein de la population. L’avenir dira si cette charte sera un véritable outil de paix ou un simple instrument de communication politique.
