
Un incident aérien mineur a révélé l’intensité des tensions diplomatiques entre le Nigéria et l’Alliance des États du Sahel (AES). Le Nigéria a dû se justifier après qu’un de ses avions militaires C-130 ait été contraint d’atterrir à Bobo-Dioulasso (Burkina Faso), un événement immédiatement qualifié de « violation » de l’espace aérien de la confédération sahélienne.
🛑 La Version d’Abuja : un atterrissage de précaution
L’Armée de l’air nigériane (NAF) a clarifié la situation mardi, insistant sur le fait que l’atterrissage était une mesure de sécurité standard :
- Le Contexte : L’avion, transportant 11 militaires (deux membres d’équipage et neuf soldats), effectuait un vol de convoyage vers le Portugal.
- L’Incident : L’équipage a détecté un problème technique en vol peu après son décollage de Lagos, l’obligeant à se poser sur l’aérodrome le plus proche, conformément aux protocoles d’aviation internationale.
- La Suite : Le personnel nigérian est sain et sauf, a été traité avec courtoisie par les autorités burkinabè, et la mission devrait reprendre rapidement.
🛡️ La Réaction Ferme de l’AES
L’Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger) n’a pas vu cet incident du même œil. L’AES a dénoncé l’atterrissage lundi, qualifiant l’acte « d’inamical ».
Dans un communiqué lu par le ministre Émile Zerbo, l’AES a affirmé que l’avion s’était posé « sans autorisation » et a rappelé sa politique de défense : tout aéronef pénétrant sans permission dans l’espace confédéral pourrait être « neutralisé », conformément aux directives adoptées en décembre 2024. Le bloc sahélien a même placé ses systèmes de défense en alerte maximale.
Contexte : une poudrière régionale
L’incident est d’autant plus sensible qu’il survient juste après le déploiement d’avions militaires nigérians au Bénin, une opération menée dans le cadre de la CEDEAO pour contrer une tentative de putsch.
Abuja insiste sur le fait que l’atterrissage au Burkina Faso n’était pas une violation délibérée. Cependant, cet événement souligne la profonde méfiance et les tensions accrues entre le Nigéria (puissance de la CEDEAO) et les pays de l’AES, qui ont quitté l’organisation régionale en janvier 2025.
