
Face aux mesures de restriction de vente de carburant au détail (interdiction des bidons, fermeture des stations non réglementaires) qui ont gravement affecté leur mobilité logistique, les Groupes Armés Terroristes (GAT) ont riposté en s’attaquant et en incendiant des camions citernes et des bus. Leur objectif est de provoquer une pénurie nationale pour paralyser l’économie et inciter la population à l’insurrection.
Le Mali rejette le « diktat » du terrorisme économique
Lors de l’ouverture de la session d’octobre du Conseil National de Transition (CNT), le Général Malick Diaw, Président de l’institution, a dénoncé cette tactique. Il a affirmé que les terroristes et leurs « parrains » cherchaient désormais à « asphyxier économiquement et financièrement » le Mali, après avoir tout essayé.
Le Général Diaw s’est toutefois montré confiant dans la résilience et le patriotisme du peuple malien, assurant que ce « terrorisme économique sera vaincu » et que la tentative d’amener le pays à l’usure économique sera « vouée à l’échec ». Il a qualifié les actions des GAT de « baroud d’honneur », les disant en « perte de vitesse » et traqués.
Des menaces géopolitiques derrière le terrorisme sahélien
Le Président du CNT a donné une dimension géopolitique à la crise, rappelant que les récentes attaques « lâches et perfides » étaient soutenues par des « mains étrangères suffisamment connues ».
Cette position est partagée par les autorités de l’AES (Mali, Burkina Faso, Niger) qui dénoncent l’implication de certaines puissances. Il a été rappelé que la Russie, à la tribune de l’ONU, a récemment cité la France et l’Ukraine comme des « contributeurs à l’expansion du terrorisme dans le Sahel ».
Poursuites contre l’Algérie et l’esprit de sacrifice
Dans ce contexte tendu, Malick Diaw a salué le dépôt d’une plainte du Mali contre l’Algérie devant la Cour internationale de justice suite à l’abattage d’un drone de reconnaissance malien. Il a exhorté la « junte algérienne » à répondre de ses actes devant les juridictions internationales.
Le discours des autorités semble trouver un écho dans la population. Un jeune de Bamako, contraint de pousser sa moto par manque d’essence, a témoigné d’un esprit de résilience et de sacrifice, affirmant : « Si cette nouvelle épreuve […] est le passage obligé vers la stabilité du Mali et du Sahel, acceptons ce sacrifice, ne serait-ce que pour les générations futures ». La majorité des Maliens interrogés par la rédaction abondent dans ce sens.
