
Face à la crise d’approvisionnement en carburant, l’appareil gouvernemental malien intensifie ses efforts. Le lundi 13 octobre 2025, le Ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a réuni les opérateurs, assurant que l’État est « totalement mobilisé, engagé et déterminé » à apporter des réponses appropriées à cette situation qui impacte l’économie et les populations.
Le lendemain, le mardi 14 octobre, le Premier ministre, le Général Abdoulaye Maïga, a présidé la troisième réunion en onze jours du Comité interministériel de gestion de crise sur ce sujet.
Un plan d’action stratégique et des mesures d’urgence
Le Gouvernement a annoncé l’adoption d’un « plan d’action hautement stratégique » à court, moyen et long termes pour soulager les populations. Ce plan comprend :
- Coordination et concertation entre les acteurs.
- Sécurisation des convois et des travaux critiques.
- Nouvelles capacités de stockage et constitution de stocks dynamiques.
- Facilités douanières et fiscales pour accompagner les opérateurs économiques.
- Démarches diplomatiques avec les ports maritimes d’acheminement.
Parmi les mesures d’urgence envisagées figurent un projet d’arrêté pour réfléchir à l’ouverture des stations-service 24h/24, la mise en place d’un dispositif de convoyage vers Bamako, le démantèlement des réseaux de distribution parallèle et la création d’un système de balisage.
Coût de la sécurisation et abus des forces de l’ordre
L’article souligne toutefois que l’escorte des camions-citernes par les forces de défense et de sécurité (FDS) ne peut être une solution à long terme. La mobilisation massive de moyens terrestres et aériens pour sécuriser les convois pourrait se faire au détriment d’autres urgences et d’opérations sur le terrain.
Cette stratégie de protection des convois est perçue comme un succès indirect pour les groupes djihadistes (notamment le GSIM), qui parviennent à disperser l’énergie de l’État et à détourner son attention des autres fronts de sécurité.
De plus, des tensions et des abus sont signalés sur le terrain. À Ségou, l’Association des Promoteurs de Points de Vente de carburant a adressé une correspondance aux autorités locales dénonçant des « abus et pratiques illégales » de la part de certains éléments des Forces de sécurité :
- Agression de pompistes pour se servir en bidons.
- Spéculation sur les prix par des éléments de l’ordre eux-mêmes, qui revendent ensuite l’essence aux revendeurs informels.
L’article conclut que si l’action du gouvernement est bienvenue, il faut davantage de solutions concrètes et durables pour stabiliser la situation et éviter que les conséquences sociales de la crise ne s’aggravent.
