
Face à la dissolution de tous les partis politiques par la junte malienne le 13 mai 2025, l’homme politique et entrepreneur Aliou Boubacar Diallo a annoncé la création du Front Patriotique de Résistance (FPR) ce 8 juin. Par cette initiative, l’ancien candidat à la présidentielle dénonce les violations de la Constitution et appelle les Maliens à se rassembler pour un retour à l’ordre républicain.
Les autorités de transition avaient justifié l’interdiction des partis par leur rôle présumé dans les divisions et l’obstruction à la « refondation nationale », une décision confirmée par la Cour suprême le 27 mai.
Aliou Boubacar Diallo présente le FPR non pas comme un parti, mais comme un mouvement de rassemblement visant à offrir une « réponse républicaine » à ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire ». Il exhorte les citoyens maliens, au pays comme en diaspora, à s’unir contre la « confiscation du pouvoir » et affirme que la transition doit « maintenant prendre fin » pour un retour à la démocratie.
Le FPR s’articule autour de l’initiative V3R (Vérité, Reconnaissance, Réparation, Réconciliation), une démarche de justice transitionnelle. Diallo évoque également un ambitieux plan de relance économique de plus de cent milliards de dollars, conditionné par un cadre politique stable.
Dans un paysage politique où les voix d’opposition sont rares et souvent muselées, la prise de parole d’Aliou Boubacar Diallo marque un tournant. Le FPR pourrait ainsi devenir le premier pôle de résistance civile assumée, testant la capacité de mobilisation face aux restrictions des libertés. En affirmant que la légitimité populaire « ne disparaît pas avec un décret », Diallo ouvre un nouvel espace d’expression dans un système verrouillé.
