Un audit dévastateur mené par le Bureau du Vérificateur Général (BVG) met en lumière une série de malversations au sein du Mécanisme de Refinancement des Systèmes Financiers Décentralisés (MEREF-SFD) sur la période 2019 à 2023. Les irrégularités financières s’élèvent au total à plus de 181 millions de FCFA (181 668 722 F), impliquant directement le Coordonnateur de l’institution, Madani Koumaré.

L’audit révèle un dispositif de contrôle interne largement déficient, illustrant une « mauvaise gestion dans l’ADN » de la structure.

Détournements de fonds et irrégularités flagrantes

Les principales fraudes et gaspillages signalés par le BVG incluent :

  • Détournement à des fins personnelles : Le Coordonnateur Madani Koumaré a utilisé de manière irrégulière 69 millions de FCFA du Fonds de Crédit Institutionnel Partagé (FCIP). Une partie de cette somme a été transférée vers un compte bancaire non déclaré, dont les opérations n’apparaissent pas dans les documents du MEREF-SFD.
  • Laxisme dans les pénalités : L’absence d’application de pénalités pour les retards de remboursement des Dépôts à Terme (DAT) par les SFD a entraîné un manque à gagner de 3,6 millions de FCFA, suggérant un laxisme administratif ou une complicité.
  • Dépenses sans base légale : Des dépenses non inscrites dans les budgets annuels, telles que l’achat de biens sociaux (sucre, dattes, bœufs) pour les fêtes de Ramadan, ont coûté 6 millions de FCFA aux fonds du mécanisme.
  • Gaspillage et paiements indus : L’audit a détecté le paiement indu de frais de mission pour des agents non affiliés ou des missions non exécutées, des prises en charge de participation à des événements internationaux (5,3 millions de FCFA) et le versement d’indemnités de session indues (4,4 millions de FCFA).
  • Contrats non honorés : Le paiement intégral de certains marchés malgré une exécution partielle, notamment un contrat avec Data Flaqs Technologies, a causé une perte de 27,2 millions de FCFA.

Face à l’ampleur de ces irrégularités, le Vérificateur Général a transmis une dénonciation des faits au Procureur du Pôle national économique et financier et à la Cour suprême, demandant aux responsables impliqués de rendre des comptes. Ce scandale souligne l’urgence d’une réforme et d’une surveillance accrue des mécanismes de financement similaires au Mali.

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