
Les yeux de l’Afrique de l’Ouest sont rivés sur Bamako. Du 22 au 23 décembre 2025, les chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Mali, Burkina Faso et Niger — se réunissent pour leur deuxième sommet. Deux ans après la charte du Liptako-Gourma, le divorce avec la CEDEAO semble désormais définitif, laissant place à une volonté farouche d’autonomie.
De la défense commune à la solidarité aérienne
Initialement conçue comme un pacte de défense face au terrorisme, l’AES a prouvé sa réactivité lors de l’incident récent du C-130 nigérian à Bobo-Dioulasso.
- Solidarité immédiate : L’Alliance fait bloc contre ce qu’elle qualifie d’« acte inamical ».
- Alerte maximale : Depuis le 8 décembre, les systèmes de défense anti-aérienne de la zone sont en état d’alerte permanente pour sanctuariser l’espace aérien confédéral.
Souveraineté économique : Briser les chaînes de la dépendance
L’AES ne veut plus seulement se défendre ; elle veut bâtir. Le passage d’un pacte militaire à une véritable confédération s’appuie sur des outils concrets :
- La BCID-AES : Une Banque confédérale d’investissement dotée de 500 milliards de FCFA pour financer l’énergie, l’agriculture et les routes sans passer par les bailleurs internationaux.
- Identité communautaire : Après le passeport biométrique, la carte d’identité AES arrive bientôt pour faciliter le brassage des 72 millions de citoyens.
- Diplomatie de rupture : Sortie de l’OIF (Francophonie) et redéfinition totale des relations avec les puissances occidentales.
La reprise en main des ressources naturelles
Le changement le plus radical s’opère dans le sous-sol. Comme le souligne l’expert Seidik Abba, nous assistons à une révision historique du rapport de force entre les États et les multinationales :
- Mali : Nouveau code minier portant la part de l’État à 30 % et obligation pour les miniers de loger leurs bénéfices dans des banques locales.
- Niger : Nationalisation de la Somaïr (uranium) au détriment du géant français Orano. Niamey vend désormais son uranium directement sur le marché mondial, affirmant son contrôle sur cette ressource stratégique.
Les défis d’une zone en mutation
Malgré cette dynamique, le chemin reste semé d’embûches :
- Le coût de la sécurité : L’essentiel des ressources budgétaires est encore absorbé par la lutte contre le terrorisme, freinant certains projets de développement.
- Tensions de voisinage : La fermeture de la frontière avec le Bénin et la méfiance persistante envers le Nigeria créent des frictions diplomatiques et économiques complexes.
L’AES est-elle en train de dessiner un nouveau modèle de développement pour l’Afrique, basé sur la rupture et la valorisation des ressources internes ? Le sommet de Bamako apportera sans doute des réponses décisives.
Une question pour vous : Selon vous, quelle doit être la priorité absolue de cette nouvelle Confédération pour l’année 2026 : la monnaie commune ou la mutualisation totale des armées ?
Seriez-vous intéressé par une infographie récapitulant les principaux indicateurs économiques (PIB, ressources, population) de ce nouveau bloc sahélien ?
