Alors que le Mali et l’Alliance des États du Sahel (AES) intensifient leur lutte contre les groupes djihadistes, des accusations troublantes ciblent la Mauritanie, pays voisin. Des allégations de Moscou affirment que la Mauritanie servirait de point de passage pour des armes ukrainiennes destinées aux terroristes, ce qui s’ajoute à une inquiétante multiplication de bases-arrières le long de la frontière malienne.

Révélations et accusations de complicité

C’est le diplomate russe Dmitri Polianski qui a mis le feu aux poudres en juillet 2025. Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, il a accusé la Mauritanie de servir de couloir de transit à des armes ukrainiennes. Selon lui, les services secrets ukrainiens utiliseraient le pays pour acheminer des drones et autres armements à des groupes terroristes tels que l’AQMI et le GSIM, qui sont positionnés le long de la frontière malienne et mauritanienne.

Ces accusations font écho à des soupçons persistants sur la position de la Mauritanie. En avril 2025, une enquête de TV5 Monde révélait déjà l’implantation de cellules djihadistes dans l’est de la Mauritanie et au Sénégal.

Une « neutralité » sournoise et dangereuse

La position mauritanienne n’est pas nouvelle. En 2010, des documents attribués à Oussama Ben Laden laissaient entendre qu’un pacte de non-agression avait été conclu entre l’AQMI et le régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz. En échange d’une absence d’attaques sur le territoire mauritanien, les terroristes auraient bénéficié d’une libre circulation, de soins médicaux et d’un soutien logistique.

Cette situation rend la lutte contre le terrorisme au Mali encore plus complexe, alors que le pays se retrouve de plus en plus encerclé par des menaces transfrontalières. Le Sahel se transforme en un bloc soudé entre les pays de l’AES, qui cherchent à réaffirmer leur souveraineté.

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